By on 29 January 2017

Joseph Campbell est reconnu comme le plus grand spécialiste du mythe. Dans son livre Le héros aux mille et un visages, publié en 1949, il a démontré que le périple de tous les grands héros se déroule selon un enchaînement universel : appel de l’aventure, épreuves et initiation, affranchissement du mentor, accomplissement de la quête et retour au pays. Il a ainsi influencé bon nombre de romanciers, scénaristes et cinéastes.

Voici un extrait du héros aux mille et un visages :

Les deux mondes, le monde des dieux et celui des hommes, ne peuvent être représentés que séparés, aussi distincts l’un de l’autre que la vie et la mort, le jour et la nuit. Le héros quitte les régions familières et pénètre dans l’obscurité ; il y vit son aventure, même si, pour nous, il ne semble être que perdu, emprisonné ou en danger ; son retour se définit comme une remontée de cette région lointaine.

En réalité cependant – et c’est là une des clés majeures pour comprendre le mythe et le symbole – les deux royaumes n’en forment qu’un. Le royaume des dieux est une dimension oubliée du monde que nous connaissons. L’exploration, volontaire ou involontaire, de cette dimension constitue l’essence même de l’exploit du héros. Les valeurs et les différences qui semblent importantes dans la vie courante disparaissent dans cette terrifiante assimilation du moi à ce qui n’était précédemment que « autre que soi ».

Comme dans les histoires d’ogresses cannibales, la peur de perdre leur individuation propre peut représenter, pour les âmes non préparées, toute l’épreuve de l’expérience transcendantale. Mais l’âme héroïque avance avec hardiesse – et voit les sorcières se changer en déesses et les dragons, en chiens de garde des dieux…

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